Les Géants de la grande distribution françaises au Sénégal: Signe d’une économie Sénégalaise extravertie?

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Ces multinationales dont je tairais le nom ont été adoptées par les sénégalais, mais quelle est la recette d’un succès qui cache bien trop mal l’envers du décor ?

Pour ces firmes , notre pays est une terre idéale pour implanter leurs enseignes. Le premier avantage est la main d’œuvre bon marché, sans structure syndicale en réel appui . Les ressources humaines de ces entreprises auraient ainsi la possibilité de recruter sans s’acquitter de charges sociales importantes et licencier sans se soucier d’un procès ou de la menace d’un conseil des prud’hommes.

Grâce aux accords de partenariats économiques signés sous la présidence de Macky SALL mais non applicables pour le moment , la fin des barrières douanières tariffaires, vont favoriser leur implantation dans le marché économique sénégalais sans grande difficulté. Et cela aux dépens des acteurs économiques nationaux. Cette liberté d’importer des produits sans s’acquitter de frais de douane, constitue un réel manque à gagner pour l’Etat sénégalais.

En tant qu’entreprises étrangères elles bénéficient également d’exonérations fiscales perpétuelles , donc pratiquement pas d’impôt ou des cadeaux fiscaux à gogo, quelle aubaine !

Nos lois doivent veiller à la protection des emplois en les rendant moins précaires et exiger des employeurs de bonnes conditions de travail, le code du travail sénégalais doit être scrupuleusement appliqué.

Nos dirigeants se félicitent de la croissance mais qu’en est il de son impact sur l’emploi? Si le Sénégal est en capacité de faire l’impasse sur des milliards en taxes et impôts, cela signifie qu’il est possible d’alléger les charges liées à l’embauche et au maintien des sénégalais à leurs postes de travail.

Pendant ce temps les employés sénégalais que ces géants de la grande distribution ont bien voulu recruter, pour le grand plaisir de l’Etat, sont prélevés à la source. Les produits qu’ils vendent aux consommateurs locaux sont soumis à la TVA, en fin de compte ce sont les sénégalais qui paient la note !

Ce type magasins s’installent très souvent dans des quartiers populaires et n’hésitent pas à casser les prix au vu des économies réalisées avec la bénédiction de notre gouvernement. Ce dumping qui consiste à vendre à perte pour éliminer la concurrence est une pratique assassine.

À quelles normes se soumettent ces produits ainsi introduits dans notre territoire, les barrières non tariffaires se basent sur quels critères ?

Il paraît nécessaire de protéger notre économie car les bénéfices que les multinationales se font sur notre dos profitent à leur pays d’origine.

L’exigence envers nous mêmes nous obligera à rester vigilants face aux termes des échanges avec des tiers: pays, multinationales étrangères…

Enfin, en véritables mécènes et pour mettre fin à toute polémique, ces mastodontes de la grande distribution réfectionnent les routes des quartiers dans lesquels elles s’implantent. C’est un moyen de rendre cet endroit accessible, fréquentable et c’est une stratégie commerciale qui ne fait pas de mal à son portefeuille.

Les concurrents directs souffrant de cette situation déséquilibrée, augmentent leurs prix et découragent leur plus fidèle clientèle. Certains petits commerçants , acculés par les charges deviennent mêmes des fournisseurs de la firme, contraints de délaisser leur stock pour une bouchée de pain . Des femmes transformatrices, agriculteurs, maraîchers et éleveurs développent des partenariat afin de positionner leurs produits au sein de ces temples commerciaux. Reste à savoir s’ils y trouvent leur compte, les termes de ces alliances doivent être gagnants-gagnants.
Les produits acquis auprès de nos agriculteurs sont acheminés vers la France et une fois transformés, ils sont écoulés chez nous au détriment des produits issus de nos industries !

Certains adulent ces supermarchés, car les locaux sont irréprochables et d’une propreté sans précédent : rien d’étonnant puisqu’ils ont les moyens d’embaucher le personnel pour sécuriser les lieux et entretenir la surface de vente.

D’un autre côté, nos marchés locaux demeurent dans un état de délabrement, du fait d’un manque de civisme des usagers et d’un défaut d’entretien. Si nous sommes incapables de respecter notre bien commun pourquoi courbons nous l’échine devant les initiatives de ceux qui nous ont pillé tant de fois ?

Au final, cette guerre semblerait perdue d’avance, car il existe peu d’alternatives au Sénégal pour le moment .

Il faut sans doute songer à repenser les infrastructures qui accueillent ces marchés. Du côté de l’Etat du Sénégal il faut la mise en place d’une politique d’encadrement et d’orientation de ce secteur articulée autour de: l’ octroi de locaux décents à moindre coût, la collecte d’impôts différée de trois ans et des aides à l’embauche.

Soutenons les entreprises Sénégalaises qui tendent timidement de se positionner sur le marché en proposant des produits accessibles aux bourses de consommateurs locaux . Prenons l’exemple d’Ama, entrepreneur qui a décidé de rentrer au bercail et qui a réussi à developper son label du terroir. Il incite ses compatriotes à consommer local en offrant des produits de qualité à des prix défiants toute concurrence.

Maimouna Saïdou Dia

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