Bénin, Burkina, Mali, Niger la menace terroriste gagne du terrain

Editos La réplique de Maïmouna Politique Société

Le 19 août dernier, c’est à partir de 5h du matin que tout a commencé. Selon l’état-major général des armées Burkinabé,” c’est le détachement militaire de Koutougou, province du Soum, qui a été la cible d’une attaque  effectuée par des groupes armés dits terroristes”. Est-ce là le symbole de groupes terroristes de plus en plus présents sur le terrain, là où les forces militaires peinent à sécuriser les territoires et les populations?

24 morts, attaque la plus meurtrière qu’ait connue l’armée burkinabè. Jusqu’ici, la plus grave attaque jihadiste jamais perpétrée contre l’armée burkinabé avait fait 12 morts à Nassoumbou,  dans la province du Soum, en décembre 2016. De même, le 1er juillet dernier, le poste militaire d’Inates (Niger) a connu une attaque terroriste. En effet 18 soldats furent tués. L’insécurité dans cette zone de l’Afrique ne cesse de croître. D’ailleurs au delà des attaques contre les bases militaires, des civils sont aussi enlevés, ou contraints de se déplacer pour leur survie. Par exemple, l’enlèvement de deux Français début mai, en plus du meurtre de leur guide (Fiacre Gbédji) dans le nord du Bénin, reste un mauvais signal. Et cela, malgré la rapide libération des otages .

Au Burkina, ce sont au moins 17.000 personnes ont dû fuir leurs foyers dans le nord du pays en raison de ces violences, avait indiqué le Comité international de la Croix-Rouge fin mai. Devons-nous parler de la situation sécuritaire du Mali, du Tchad? Sans ambages, ces faits ne font que confirmer l’ancrage, comme le caractère imprévisible des assaillants. En outre, ils montrent le déploiement rapide des groupes terroristes, dans cette zone.

Des forces armées impuissantes?

En plus des forces de l’opération Barkhane, cinq États du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les multiples groupes jihadistes qui sévissent dans la région . Baptisée G5 Sahel, cette force peine à monter en puissance, et donc à accomplir les missions qu’elle s’est assignée. Dès lors, les groupes armées terroristes gagnent du terrain dans cette zone sahelo-saharienne, malheureusement, rien ne semble pouvoir les arrêter. Cette capacité à gagner du terrain relève le succès d’une stratégie de contournement employée par les terroristes. En effet, ceux-là en s’efforçant d’éviter les confrontations directes, s’emploient à infiltrer la population, s’appuyant sur des groupes locaux ralliés à leur cause par opportunisme ou par idéologie.

Les attaques jihadistes, en particulier dans le nord et l’est du Burkina, ont fait plus de 500 morts. Il est à noter qu’en mi-juillet, les autorités burkinabé ont prorogé de six mois l’état d’urgence, en vigueur depuis décembre 2018 dans plusieurs provinces du pays. Aujourd’hui plus que jamais se pose la nécessité de trouver d’autres moyens pour endiguer cette menace. Au-delà des moyens militaires, et des forces armées, quel est le rôle des populations locales dans la prévention et la lutte contre le terrorisme?

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