“Dans l’imaginaire collectif, le viol est commis par un inconnu armé, fou et qui se veut violent…”

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Jean François Kahn, au sujet de l’affaire du Sofitel, parle de troussage domestique. Mais encore, “il n’y a pas mort d’homme” selon Jack Lang, pour ces hommes une femme qui dit « non » pense forcément « oui ». Ce mot à quatre lettres qui paraît dans les faits divers est beaucoup plus complexe que ça.

Pour aborder ce thème il est important d’en rappeler la signification. Selon la loi Schappia:”Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol”.

Ce crime ne touche pas seulement les femmes, les hommes ne le déclarent presque pas, de peur d’être jugés voir moqués. En plus du traumatisme, il faut aussi être soumis au tribunal populaire.

Il faut savoir que la plupart du temps la victime connaît parfaitement son agresseur.
Il y a un paquet de victimes qui passent sous silence ces abus et cela laisse le champ libre aux prédateurs ou prédatrices, qui en général récidivent.

Dans l’imaginaire collectif, le viol est commis par un inconnu armé, fou et qui se veut violent. Le crime aurait lieu dans une impasse peu éclairée et de surcroît à l’extinction des réverbères.

Le plaignant qui aura le malheur de rapporter une version différente de celle ci, l’aura bien mérité. On va jusqu’à vilipender la victime et plaindre le coupable.

Aux États Unis jusqu’en 1980 on pouvait voir dans les Cours de justices : « Il est facile d’accuser quelqu’un de viol, difficile de prouver un viol, et encore plus difficile d’être défendu si on est accusé, même quand on est innocent ». Rappelons qu’à cette époque le viol était considéré comme un délit en France, il n’est reconnu en tant que crime que depuis 38 ans.

En pratique, les victimes ne sont pas prises au sérieux lors du dépôt de plainte. La tenue vestimentaire, la réputation du déclarant se heurte au statut du présumé coupable. S’il a le bras long, ou qu’il est bien sous tous rapports, l’histoire ne collera pas et les moyens de pressions seront très hostiles à l’endroit de la plaignante.

Le sexisme, le racisme, la discrimination de classes et l’intolérance religieuse favorisent la croyance aux mythes sur le viol.

L’ignorance de certains individus ne doit pas plonger les victimes dans un mutisme profond. En parler permet d’amorcer la phase de reconstruction puis la rédemption qui apparaîtra comme une réelle libération . Vivre dans le déni n’est pas une solution, car la recherche de reconnaissance et de réparation ne peut provenir que du lésé.

Il faut savoir que seuls un tiers des violés se débattent, la moitiés des viols ne sont pas commis avec usage de la force. Nous allons aborder le viol conjugal ultérieurement, afin de ne pas trop accabler la gente masculine.

En juin 2019, le peuple sénégalais s’est levé comme un seul homme pour dire stop aux vagues de viols suivis de meurtres. Qu’en est il de la promesse faite par Macky Sall, de consacrer un projet de loi pour pénaliser ce crime odieux.

Maimouna Mint Saidou Dia

#nopiwouma

#stopaudeni

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