Élections américaines: Donald Trump maintient sa position d’avoir gagner le scrutin

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Dans un discours d’une quinzaine de minutes lu en direct à la Maison Blanche, jeudi à 18h45 (heure de Washington), le président américain Donald Trump s’est posé, sans la moindre preuve, en victime d’une vaste fraude électorale. Il s’est proclamé vainqueur de l’élection, en décalage flagrant avec les résultats de plus en plus favorables à son adversaire démocrate Joe Biden. En fin de discours, il a même mentionné des « centres de dépouillements secrets ».

Isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un « vol » du scrutin dont il serait la victime, le 45e président des Etats-Unis, fatigué, presque abattu, a donné le spectacle d’un dirigeant tentant de s’accrocher maladroitement au pouvoir au crépuscule de son mandat.

Sa principale déclaration : « Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection », a-t-il lancé depuis la salle de presse de la Maison Blanche, dans une tirade souvent confuse, truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours. Les « votes illégaux » auxquels il fait allusion sont en fait les bulletins de vote par correspondance, plus favorables à son adversaire ce qui explique la remontée de Biden dans les dépouillements dans différents États.

Alors que Donald Trump venait de dire qu’il allait gagner « facilement » si « les votes légaux » étaient comptés, mais que si l’on incluait « les votes illégaux », les démocrates pouvaient « essayer de nous voler l’élection », très vite, la chaîne MSNBC a cessé sa diffusion en direct. « Bon, nous voilà encore dans la position inhabituelle de (devoir) non seulement interrompre le président des Etats-Unis, mais aussi de corriger le président des Etats-Unis », a lâché le présentateur, Brian Williams.

Les chaînes NBC News et ABC News ont elles aussi interrompu la diffusion de cette conférence de presse qui n’en fut finalement pas une, puisque le président a quitté le pupitre sans prendre de questions.

De son côté, CNN, bête noire du président sortant, a décidé de ne pas couper le micro à Donald Trump, mais son présentateur vedette Jake Tapper a enchaîné avec une condamnation sans appel du chef de l’Etat. « Quelle triste nuit pour les Etats-Unis d’Amérique de voir leur président (…) faussement accuser les gens d’essayer de voler l’élection », a-t-il déclaré, en fustigeant un « tissu de mensonges ».

La presse n’est pas en reste devant le spectacle offert par l’ancien comédien de télévision devenu hôte de la Maison Blanche. Entre autres exemples, le magazine USA Today, avec ce message sans concession :« Notre travail est de dire la vérité, pas des complots infondés. »

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