Entre Mahdisme et Irresponsabilité: Sonko, le Système, et Nous.

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Est-il abusif de reconnaître à Ousmane Sonko, et à pastef Les patriotes , l’omniprésence du mot « système » dans les termes du débat public sénégalais ?  Au-delà de l’omniprésence,  il s’agit plutôt de la description d’un système en œuvre au Sénégal de la colonisation à nos jours, puis de la critique de ce même système.  Que critique Ousmane Sonko dans le fond ? le Savez-vous ? Quelle responsabilité nous incombe ?

En grec ancien, sustēma  (Système) signifie « organisation, ensemble ». Cette notion dérive du verbe συνίστημι sunistēmi (de σύν ἵστημι sun histēmi : « établir avec »). Il signifie dès lors, le fait de « mettre en rapport, instituer, établir ». Il nous faut préciser que nous vivons tous dans des systèmes, le corps humain est un système en soi, il abrite même des sous-systèmes, d’ailleurs le  système nerveux, la circulation sanguine en sont des exemples. Dans un premier temps, au-delà d’un manichéisme positif ou négatif, tout système a son utilité. Il a une organisation, des ressources, des éléments y appartenant, le tout  participant  à la réalisation d’un ou de plusieurs objectifs.  C’est le cas du système de freinage, d’allumage, d’éclairage, en ce qui concerne les voitures. Mais donc où est ce que le bas blesse ? Quand est ce que le système devient pervers et nocif ?

De quel système Ousmane Sonko parlerait-il ?

Ousmane Sonko et ses alliés se tromperaient lourdement, si dans leurs perspectives le « système » ne renverrait qu’aux pratiques peu vertueuses, des Hommes politiques qui se sont succédés à la tête du Sénégal depuis les indépendances, des entreprises privées et des multinationales qui contrôleraient notre économie. Non ! La tragédie est que nous sommes convaincus qu’Ousmane Sonko connaît les véritables enjeux de l’heure. Nous ne doutons point de sa qualité et de sa bonne foi Mais qu’en –est-il de certains de ses militants, supporters et inconditionnels ou « nervis », en tout cas dans les réseaux sociaux ? Ceux qui suivent le parti mais qui se refusent à réfléchir, à proposer des solutions pour le Sénégal ? Ceux qui se comportent comme des fanatiques, ne supportant aucune critique adressée à ce parti ou à ses leaders, s’il y en a ?

Nous sommes dans un monde d’interdépendance complexe, sur tous les plans. Pas de place pour les intérêts particuliers!

Le Système c’est l’hydre que nous sommes, c’est la face hideuse de nos interactions

 Le système est plus profond que ça !Nous en sommes intégralement parties prenantes Sonko y compris. il faut être conscient que la ressource principale de ce système, c’est nous même ! Oui, l’individu est la pièce maîtresse de cet hydre, ce Ninki Nanka à mille têtes !  C’est l’individu par son comportement, ses postures, ses lâchetés et ses contradictions, qu’il faut s’atteler à transformer. Mieux qu’une transformation des lois et des pratiques, des traditions et des cultures c’est plutôt à une transformation radicale de l’individu Sénégalais qu’il faut oeuvrer. Et c’est là, le travail de toute une génération. C’est la raison pour laquelle, le changement attendu au Sénégal n’est pas seulement une affaire de parti politique, c’est d’abord une affaire de citoyen ! C’est concourir à faire des sénégalais,  des citoyens guidés par leur seul attachement pour la patrie. Ce qui équivaut à combattre de manière farouche l’esprit partisan, courtisan, l’esprit de navetaan, qui nous emprisonne dans des postures claniques, de défense d’intérêt particuliers. Et cela au risque même du délitement de la nation. Ce lieu d’appartenance de tous le monde, sans distinction de sexe, d’ethnie, de classe sociale ou de statut. En effet, la nation sénégalaise résistera-t’elle aux solidarités intra-éthniques, au dévoiement des voies soufies et groupes religieux-spirituels, à la conscience de caste, et aux exigences de classe? Dès lors, en même temps que nous nous faisons citoyen, il nous faut travailler à faire émerger des forces issues du monde économique, politique, social, académique etc… des millions de figures à même de porter  cette offre de transformation. Des groupes comme Y’en à marre ou Frapp-France dégage ont amorcé cette lourde tâche, qui pourtant est l’affaire de tous!

Voilà un aspect des enjeux aujourd’hui, ce système à abattre ou cet individu à construire. Au fond il convient de comprendre que Sonko n’est pas un messie. Mieux, le messie c’est nous, le mahdi c’est nous, dajjal c’est nous, l’enfer, c’est nous, le paradis c’est nous. Les réponses ne nous sont pas extérieures, elles sont en nous. Dès lors, chacun est en face de sa responsabilité. Sonko a pris la sienne, que chacun prenne la part qui lui revient !  En vérité nul autre Djihad ne nous incombe, si ce n’est celui-là.

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