Festival “Made in Nollywood” (par Baptiste L-D.)

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La semaine dernière, pour la troisième année consécutive, se déroulait le festival “Made in Nollywood” à Bordeaux. Organisé par l’Institut des Afriques, ce festival de cinéma vise à faire connaître les œuvres cinématographiques nigérianes au public européen.

Le programme était riche en découvertes : jeudi, deux longs-métrages ont été projetés au cinéma l’UGC de Gambetta : D’abord le film « HAKKUNDE », projeté en présence de son réalisateur Asurf Oluseyi, qui nous raconte la vie d’Akande, un jeune diplômé de Lagos, qui va cheminer vers la découverte de lui-même à travers sa quête tenace pour une gagner sa vie décemment. Puis le film « OGA BOLAJI » de Kayode KASUM, sorti en 2018, et centré sur la vie d’un musicien de 40 ans désormais à la retraite, dont la vie va complètement changer – pour le meilleur ou pour le pire – lorsqu’il va rencontrer une fillette de 7 ans.

Puis, samedi, à la Bibliothèque Mériadeck, le court-métrage était à l’honneur avec “Nollywood côté court”, une projection de plusieurs courts-métrages qui présentaient chacun une esthétique unique. Le soir même, la clôture du festival était célébrée au bar La Tencha, avec un DJ Set aux couleurs du continent africain.

L’Afrique, un continent aux arts florissants – et tout particulièrement dans le monde du septième art, où les choses bougent et où les acteurs deviennent des superstars !

Nollywood est d’ailleurs la deuxième plus grande puissance cinématographique du monde en terme de quantité de production derrière le Bollywood indien : elle compte plus de 2000 créations chaque année ! C’est très loin devant les chiffres de production de l’industrie étasunienne, qui produit quelques 500 films à l’année, et ce même si – je vous l’accorde – ces films bénéficient d’une diffusion plus large.

Cette différence quantitative s’explique notamment par l’écart drastique des coûts de production auxquels font face les deux industries.
L’industrie nigériane du film s’est développée vers la fin des années 80 / début des années 90, puis elle a explosé depuis les années 2010.
Rendez vous compte ! La production d’un film prenait en moyenne entre 7 et 10 jours seulement, pour un budget maximum avoisinant les dix mille euros ! En effet, Nollywood est d’abord un cinéma né de productions indépendantes, bien loin des monstres étasuniens du cinéma.

Depuis, Nollywood s’est transformé en cinéma décomplexé, osant aborder des thématiques sociales sensibles au Nigéria comme le terrorisme ou l’impact des multinationales … Toutefois, les drames et les comédies restent les genres majoritaires de ce cinéma.

Plusieurs maisons de production se sont d’ailleurs créées, pour capitaliser sur l’engouement d’un public toujours plus fidèle et nombreux – bien que la protection des droits d’auteur soit un enjeu financier pour l’avenir pour une industrie qui a enregistré des recettes s’élevant à presque 24 millions de dollars en 2018 !

Désormais, les investisseurs étrangers eux aussi lorgnent les gros chiffres du cinéma nigérian : Américains, Chinois, Français… J’en veux pour preuve les exemples suivants :

 Netflix qui rachète les productions enregistrant le plus d’entrées au box-office nigérian, et qui va même jusqu’à acheter les droits des producteurs avant la diffusion

 Canal Plus – qui souhaite à terme offrir à ses abonnés 50% des contenus diffusés en Afrique – a pour projet de racheter l’ensemble des chaînes et la production de l’entreprise iRokoTV, la plateforme de visionnage en ligne surnommée le “Netflix africain”

En parallèle, depuis 2012 le festival Nollywood Week est organisé à Paris et offre une vitrine de choix au cinéma nigérian. S’il n’est besoin de rappeler que Paris est la capitale mondiale des salles de ciné, on se doit tout de même souligner l’ampleur du phénomène Made in Nollywood qui, peut-être à son tour, fera rêver le monde en devenant l’épicentre mondial du septième art !

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