Iran Usa, faut-il craindre une escalade armée?

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« On trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix », Albert BRIE.

En Novembre 79, des étudiants prennent d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran et la république islamique a été proclamée quelques mois plutôt. 52 diplomates américains capturés et pris en otage, une vraie humiliation. Les iraniens exigent l’extradition du shah réfugié aux usa. 52 otages américains retenus pendant 441jours et les tentions commencent entre les 2 pays. C’est la fin des relations diplomatiques et les premières sanctions contre l’ayatollah Khomeni. La révolution islamique chasse le shah d’Iran soutenu par Washington. L’allié devient un ennemi et débute une tension diplomatique. En 1988, c’est dans les airs et par la mer que les tensions redoublent dans le détroit d’Ormuz. Un navire américain lance un missile sur un avion civil iranien (+ de 240 morts) et l’Amérique plaide l’erreur mais ne s’excuse pas. Au moyen orient, la puissance iranienne prend de l’ampleur et grossit sa zone d’influence parmi les chiites d’Iran, d’Iraq, de Syrie et du Liban sous l’œil méfiant de l’Israël qui est menacé par le conservateur Ahmadinejad. Officiellement les menaces restent verbales, mais l’Iran aurait financé le Hezbollah libanais qui affronte l’Israël. L’arrivée d’Obama et de Rohani appaisent les tensions. Les relations diplomatiques rompues en 79 reprennent et un accord nucléaire sera finalement obtenu en 2015. Sitôt arrivé au pouvoir, l’accord est torpillé par Trump et en 2018, l’Amérique se retire de l’accord. Les tensions et les ripostes sont de plus en plus vives. Quand les infrastructures pétrolières d’Arabie saoudite sont attaquées par les rebelles yéménites Houtis soutenus par l’Iran, l’Amérique réplique.
Une étape est franchie, l’Iran et les Etats unis sont passés des invectives aux offensives et le ton monte chaque jour en particulier en Iraq, qui est au cœur de la bataille d’influence entre Téhéran et Washington. Après une série d’incidents entre les deux pays, c’est l’ambassade américaine à Bagdad qui a été attaquée par une milice pro alliée à l’Iran.
Faut-il craindre une escalade militaire ? quelles peuvent être les conséquences dans la région ?
Le pentagone a confirmé que l’assassinat du Général Solemani était bien exécuté suite à l’ordre de leur patron, le président himself. Le guide suprême Iranien promet automatiquement une réplique. Aux USA, le choix de TRUMP n’est pas partagé. Joe Biden considère qu’il a jeté un bâton de dynamites dans une poudrière et forcément les républicains saluent l’initiative et demandent même plus. A rappeler que Solemani était déjà dans le viseur israélien depuis 2008 tout comme le chef militaire du Hezbollah. Tuer un dirigeant d’un haut rang dans un autre pays est un « casus beli » (déclaration de guerre).
Depuis 2003, il n’y a plus de souveraineté en Iraq. Les américains se sont débarrassés de Saddam et il fallait changer les sunnites considérés comme terroristes par les chiites, qui seront également des pro alliés de l’Iran qui va combattre aux côtés des USA contre DAESH. Une fois que DAESH a été affaibli, le face à face devenait inévitable entre Iran et USA.
Les Iraniens vont augmenter d’abord leur puissance nucléaire, un enrichissement visible sans gêne. Ils vont s’éloigner de l’accord de Vienne sur le démantèlement du programme nucléaire sans qu’il y ait de violation flagrante du protocole (programme des centrifugeuses de nouvelles générations qui vont être développées pour produire du plutonium rapidement, réouverture de sites…).
Aujourd’hui on va se retrouver devant un dilemme. Si les Iraniens annoncent la poursuite de leur développement nucléaire, les européens n’auront autre choix que de se ranger du côté américain. S’ajoute à cette guerre militaire, une guerre économique qui empêche l’économie iranienne de s’ouvrir au monde.
L’Iran prendra certainement le temps de répondre à cette agression. Non seulement l’iran le fera, mais probablement l’Iraq aussi car il y a une véritable atteinte à sa souveraineté. Les américains ont agi sans consulter leurs alliés de la région encore moins européens et quand on tue le numéro 2 d’un régime, peu importe l’attribut qu’on en fait, c’est un acte de guerre. Trump ne veut pas la guerre mais il aura les fruits de la guerre parce que lui qui voulait retirer ses troupes dans tous les théâtres d’affrontements militaires auxquels ses prédécesseurs se sont livrés, vient d’ouvrir la boite de pandores. « Les usa sont plus en sécurité » du fait d’avoir tué Solemani selon Trump, ça rappelle un peu Bush en 2003, une fois que Saddam H était renversé, que le monde serait plus sûr sans lui. Aux usa pour déclencher une guerre, il faut l’autorisation du congrès mais faut comprendre qu’en pleine procédure de destitution, Trump n’a pas le temps de respecter des procédures, sachant que lorsque la sécurité nationale est en jeu, le président peut se permettre d’outrepasser ces protocoles. Une sécurité nationale qui finalement devient le mot de passe pour pouvoir se soustraire à des procédures supposées légales. Les USA accroissent l’insécurité dans cette région. Les européens sont obligés de se porter solidaires aux américains par le biais de la charte de l’alliance atlantique (OTAN) malgré le fait que les premiers n’aient pas été consultés ni informés par les derniers.
Trump estime qu’il n’y aura pas de réponse côté iranien parce qu’il estime que le rapport de force lui est tellement favorable que les iraniens n’oseront pas attaquer. Trump menace de frapper 52 sites (et ce n’est pas du hasard s’il choisit le nombre 52 qui correspond au nombre d’otages que les iraniens avaient capturés en 1979 pendant 441jours, tellement que c’est resté dans leur tête ce traumatisme et cette humiliation) y compris des sites historiques et culturels (ce qui est contraire au droit international). La décision de Trump d’avoir pulvérisé le convoi de Solemani est dû au fait que l’ambassade américaine à Bagdad était entourée de milices chiites et les souvenirs de 1979 demeurent frais et on ne veut plus que le scénario se répète.
L’Iran ne répondra pas directement mais tous les experts en géopolitique et géostratégie conviennent que par le biais de ses alliés, l’Iran fera payer les USA. Ça pourrait se faire par des milices en Iraq, au Liban, au Kenya comme on a pu le voir il y a quelques jours. L’Iran ne peut pas ne pas réagir parce que c’est signe de faiblesse. Il est probable que l’Iran réagisse de façon indirecte autrement dit pas directement l’armée iranienne face à l’armée américaine et faudra s’y attendre.

B NDIOUR SOUFY

avec https://afroactu.com

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