La bonne gouvernance sous Macky SALL : le fossé abyssal entre théorie et pratique

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« Je ne protégerai personne ». Tels ont été les propos de chevet du Président Macky SALL lors des campagnes électorales de 2012. Ceci émanait-il d’une allocution politique creuse ou d’une ferme volonté de rompre avec les pratiques malsaines et, par voie de conséquences, établir et renforcer la bonne gouvernance ?

Ce qui n’est plus à démonter est que ce régime du président SALL est rythmé par la prévarication des deniers publics et le pillage de nos ressources naturelles. En effet, lorsque par une suite de rapines et de brigandages, par l’indiscipline des uns et la prodigalité des autres, il n y a que le peuple qui en pâtit, haussez le ton avec un cri guttural et dites que dans ce pays, la bonne gouvernance n’y est que pure formalité.

D’abord pour analyser le rapport existant entre le Sénégal et la bonne gouvernance, il apparait nécessaire de camper les décors en élucidant le terme « bonne gouvernance » pour ainsi dissiper toute trace d’ambiguïté. Alors, ce concept, d’après la 3ème édition du dictionnaire des relations internationales de 2012, est synonyme de bonne administration publique. Il suppose d’assurer la sécurité des citoyens, et de garantir le respect de la loi, notamment par un système judiciaire indépendant ; de gérer de manière correcte et équitable les dépenses publiques en prohibant la corruption et en évitant l’inflation ; de mettre en place des règles publiques obligeants les dirigeants politiques à rendre compte de leurs actions devant la population.

Ainsi, il faudra noter que l’application de ce concept emmagasine deux aspects fondamentaux : la théorie et la pratique. Dans le préambule de la constitution du Sénégal, au travers des différents discours du Président ainsi qu’avec la mise en place d’institutions de lutte contre la corruption et la mal gouvernance et la ratification du code de transparence et de déclaration de patrimoine, il n’y a nul doute que la bonne gouvernance est prise en compte ; ou du moins théoriquement.

Qu’en est-il maintenant de la pratique ? Ces mesures sont-elles scrupuleusement respectées ?

Sur ces interrogations, s’appose un niet catégorique. D’abord, cette loi de 2014, portant sur la déclaration du patrimoine, comparée à celles de certains pays de l’UEMOA comme le Burkina Faso et la Cote d’ivoire, est plus que médiocre car inappliquée et inefficace. Au Burkina Faso par exemple, pays fortement secoué par une crise politique, sont assujettis à la déclaration de patrimoine : non seulement le Président de l’assemblée nationale et son questeur mais aussi tous les députés, tous les membres du gouvernement, tout inspecteur (des finances, des impôts, du trésor…), tout dirigeant d’ONG, le procureur, et le juge d’instruction. Et mieux, pour garantir la liberté de presse et de son contrôle ad hoc, tous les directeurs d’organe de presse sont aussi appelés à déclarer leurs patrimoines.

Pendant ce temps, au Sénégal, seuls le Président de l’assemblée nationale, le questeur, le premier ministre, le Président du conseil économique, social et environnemental et toute personne faisant une opération annuelle égale à un milliard sont interpellés par cette loi.
La plus grande défaillance de cette loi reste son inapplication et son non-respect. Le banditisme fiscal de notre assemblée nationale en dit long sur cet état de fait. Aucun rapport d’audit de quelque corps de contrôle que ce soit, n’a été jusqu’ici publié sur le non payement des impôts de cette institution. Pire, l’ancien président de la commission comptabilité (M. Thierno Bockoum) a été victime d’une série indigne d’invectives et d’attaques pour avoir demandé des comptes aux autorités de ladite institution. Déduction simple alors : l’Etat ayant la rationalité totale et souverainement admise, a préféré passer sous silence cette grande arnaque. Est-il en connivence avec l’assemblée nationale ? Telle est la grande question qui ne cesse de nous tarauder l’esprit.
Combien de rapports sous le nez du Président ?

Combien de mesures étouffées à leurs étapes embryonnaires ? Les énumérer tous est une tâche ardue tant le laxisme et l’amateurisme congénitaux de ce régime ont atteint leur paroxysme.
Parmi ces rapports et leurs mesures, les plus chanceux (étant à l’abri de toute poursuite judiciaire) sont les collaborateurs directs du Président Macky et ceux qui sont contre lui (politiquement ou idéologiquement) sont malheureusement ceux qui sombrent dans le maquis. Une justice à géométrie variable – un caractère aux antipodes de la bonne gouvernance.

Le même rapport de l’Inspection générale de l’Etat (IGE) ayant épinglé Baila WONE, ex-Directeur Général de la LO.NA.SE, avait recommandé au Président de ne pas signer le décret d’approbation du contrat pétrolier avec Petrotim. Chose qu’il a faite sans réserve aucune. Racine SY et les scandales au King Fahd palace (les audits de la caisse de sécurité sociale), le scandale au ministère de l’hydraulique impliquant le beau-frère du Président, les surfacturations d’Awa NDIAYE, les rapports de l’ARMP, de SECURIPORT, de l’OFNAC ayant respectivement épinglé le DG de la Poste, Ousmane NGOM et l’entreprise de Loum DIAGNE (UCBM), ainsi que le Navire pétrolier Olinda (Samuel SARR) ayant coûté au Sénégal neuf (9) milliards de Franc CFA.

Ces quelques exemples élucident davantage l’incurie, le népotisme et l’incompétence dont le gouvernement du Président SALL fait montre. Cette nullité extrême multipliée aux stratagèmes stériles et au canular écœurant ne saurait minauder un citoyen averti. Lequel citoyen a une mission plus que jamais nécessaire, celle de dénoncer l’ignominie de ce gouvernement qui ne cesse de jeter l’opprobre sur l’honneur et l’image valorisante de notre pays.

Le peuple réclame une alternance politique ourdie par des mailles imbues de valeurs patriotiques pour impacter de manière efficace et tangible son quotidien. Il ne se fiera plus jamais aux discours promettant monts et merveilles encore moins à la « sloganisation des politiques publiques » sans suite. Il choisira sur la base de ses préoccupations et se campera, à jamais, en sentinelle de veille et n’hésitera de représailler tant qu’il sera nécéssaire.

paradisnoir

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