La crise de la pensée et de la réflexion

La crise de la pensée et de la réflexion

“Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens.” Eleanor Roosevel

[Femme politique (1884 – 1962)]

Ces trois affirmations sont aujourd’hui très révélatrices de ce que l’on peut observer sur les réseaux sociaux. Les invisibles et silencieux d’hier ont, aujourd’hui la pleine parole. Ils l’ont pris et ne la lâche plus. La pertinence n’est plus. Remplacée par la parole belliqueuse et destructrice généralement volontairement formulée par son auteur. Celle bienveillante est absorbée par le sentiment incontrôlé de s’exprimer des “connectés”. Si “la parole reflète l’âme” (De Sénèque), elle reflète aussi l’incroyable lâcheté que l’on peut développer derrière un smartphone ou un écran. Depuis que l’espace public s’est virtuellement élargi, l’effort de réflexion a fléchi. Nous assistons à la décadence de la pensée critique. Facebook, Twitter, Instagram, YouTube etc tant de RS fournissant un espace de “libre expression” à toute personne disposant d’une connexion et d’un appareil (mobile, tablette, ordinateur),ont conduit des masses entières à la facilité. Confondant critiques et jugements de valeurs, interpellation et attaques personnelles, des “connectés” penchent facilement au plaisir et de la méchanceté gratuite. Commenter sans réfléchir, liker par sympathie ou par amitié (même si le propos est dépourvu de toute utilité).Les utilisateurs d’internet ne prennent donc plus le temps de réfléchir ou de chercher à réfléchir par eux même.

Quid des libertés ?

            Trop de libertés, nous le savons, tue certainement la liberté. “Être connecté” donne à celui ou celle qui l’est un sentiment de protection absolue. Une protection légale ou au niveau des données personnelles. Seul dans une pièce, à l’intérieur, une terrasse, à l’extérieur ou à l’air libre et s’adresser d’un coup de publication à des milliers (parfois des millions) d’autres connectés, on peut développer une attitude de “surpuissance” conduisant souvent à l’absence de contrôle ou d’autocensure. Dire tout et ou n’importe quoi et penser qu’aucune conséquence ne peut y avoir. Or, les lois et les règlements existent et ils s’ appliquent aussi aux internautes dans la quasi majorité des états dans le monde. Beaucoup ont tendance à l’oublier. Faire avancer la réflexion sur des sujets sensibles devient difficile sur les réseaux sociaux. Leurs auteurs sont des cibles à abattre pour certains utilisateurs. Ceux qui divertissent, ceux qui “désinforment” ou même déforment la réalité, gagnent en “viralité”. Faut-il seulement publier ce qui est “convenable”? Je ne le pense pas. Car à partir du moment où on offre une opinion, une pensée et qu’on avance un avis taillé sur mesure pour s’attirer des sympathisants, on n’est plus libre.

Moha Lam

Moussa Aïdara diop

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