l’Afrique a perdu un de ses plus grand monument

Cécile Sow Culture Politique
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Bernard Binlin Dadié n’est plus. Le célèbre écrivain et homme politique ivoirien est décédé, ce samedi 9 mars 2019, à Abidjan. La nouvelle de son décès a été confirmée par le ministre ivoirien de la culture, Maurice Bandaman. « La Côte d’Ivoire vient de perdre son plus grand écrivain, a-t-il déclaré. Nous nous inclinons devant sa mémoire. »

Mort à 103 ans, Bernard Dadié laisse à la postérité une œuvre prolifique. En effet, il a travaillé tous les genres littéraires : poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et surtout théâtre. Ses pièces ont fait l’objet de représentation dans les plus grandes scènes au monde. En effet, parmi ses pièces, quatre notamment – Monsieur Thogo-Gnini, Béatrice du Congo, Les Voix dans le vent, Iles de tempête – ont été jouées à l’occasion de manifestations culturelles de grande envergure (Festival d’Avignon, Festival panafricain d’Alger ou encore au Festival de la jeunesse francophone de Montréal).

En 2016, il a reçu le premier prix Jaime Torres Bodet, décerné par l’Unesco, qui récompense l’ensemble de l’œuvre de ce « pionnier et géant de la littérature africaine », selon Irina Bokova, directrice de l’Unesco. Le fils d’Agboville, natif d’Assinie en 1916 reste immortel de par ses œuvres. Une vingtaine de publications qui meublent les bibliothèques du monde et dont certains sont au programme dans des écoles et des universités. Bernard Dadié, c’est aussi, un texte engagé. Dans son premier recueil de poésie, “Afrique debout !”, Il dénonce l’oppression coloniale. Un deuxième recueil, La Ronde des jours, est resté célèbre notamment avec son poème,« Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé Noir ». Il prend donc en charge la condition de l’Homme noir dans sa littérature. Bernard Dadié est aussi l’auteur d’une trilogie (Un Nègre à Paris, Patron de New York, La Ville où nul ne meurt), des chroniques rapportant les observations d’un jeune Africain confronté aux métropoles occidentales.

Bernard Dadié, l’Homme politique

Voulant allier pensée et action, Bernard Dadié fut ancien compagnon de lutte des périodes de l’indépendance au Pdci-Rda de feu Félix Houphouët-Boigny. Il en a d’ailleurs été le ministre de la Culture et de l’information de 1977 à 1986. l’auteur de ‘’Climbié’’ s’est rapproché du Font populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo, après le décès du père de la Côte d’Ivoire moderne. L’indépendance venue, il poursuit sa route politique et militante en occupant des fonctions administratives et politiques dans divers cabinets et ministères. Il a été le ministre de la culture de 1977 à 1986 du premier président ivoirien, Felix Houphouët-Boigny. Mais, l’homme n’a jamais renoncé à son engagement politique. Président d’honneur du Congrès de la résistance pour la démocratie (Cnrd), il en est resté le garant moral jusqu’à son départ.

Bibliographie

Chronique

1933 : Les Villes.
1959 : Un Nègre à Paris.
1956 : Patron de New York, Grand prix littéraire d’Afrique noire.
1968 : La Ville où nul ne meurt.


Théâtre

1936 : Assémien Déhylé, roi du Sanwi.
1970 : Les voix dans le vent.
1970 : Monsieur Thôgô-Gnini.
1973 : Papassidi maître escroc.
1979 : Mhoi ceul.
1995 : Béatrice du Congo.

Nouvelles

1954 : Légendes Africaines.
1955 : Le Pagne noir.
1980 : Commandant Taureault et ses nègres.
1980 : Les Jambes du fils de Dieu.

Poésie

1950 : Afrique debout.
1956 : La Ronde des jours.
195620 : Je vous remercie mon Dieu, (tirés du recueil la Ronde des jours20) 
195621 : Les lignes de nos mains, (tirés du recueil la Ronde des jours édition Pierre Seghers).


Biographies

1952 : Climbié.
1974 : Carnets de prison (1949-1950).

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