L’AFRIQUE face à elle même, écho des conséquences de l’absence de souveraineté de nos états.

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Sortie du franc CFA, nouvelle monnaie unique! Heureuse perspective , certes mais la forme même de cette annonce pose problème. Elle laisse encore entrevoir les liens d’un système de subordination qui montre le visage d’une Afrique désunie et sans souveraineté. Avec les attaques terroristes qui ne cessent dans la zone sahelo -saharienne , le conflit au Kivu, et les affrontements entre musulmans et chrétiens en Centrafrique, l’Afrique est plus que jamais dans un cercle sans fin de déstabilisation. Mais quelle est sa source ? Explication.

Pas d’États sans souveraineté

Les facteurs internes de déstabilisation sont bien connus. La liste est longue, mais est relative à l’incapacité des états à satisfaire les besoins primaires de leur population: santé, sécurité, nutrition, instruction, emploi…Au fond c’est un véritable problème de souveraineté qui se pose  pour les États Africains. Nous sommes en face d’Etats faibles dont l’influence et l’existence ne couvrent absolument pas tout le territoire national. C’est la question de la continuité étatique qui se pose, en même temps que celle la Faillite de l’état. Les exemples récents du Mali et du Burkina Fasso nous le montrent clairement, notamment du point de vue de la  sécurisation du territoire, des biens et des personnes par les forces armées régulières. Dans une conférence organisée le 26 octobre à Dakar, le FRAPP avait touché du doigt , cette question majeure de souveraineté auquel fait face l’Afrique. En effet, le FRAPP avait décliné plusieurs éléments de cette souveraineté qui faisaient défaut. Notamment, sur le plan politique. économique, monétaire, alimentaire, sécuritaire etc…finissant ainsi, de renforcer un constat accablant. Aucune stabilité ne sera possible, sans réelle souveraineté. La question.même de l’abandon du francs CFA, par les pays africains l’utilisant est de cette nature. D’ailleurs le fait même qu’Alassane ouatara ait annoncé la sortie prochaine  du frs CFA, conjointement avec l’actuel président français, alimente encore ce sentiment d’absence totale d’indépendance des pays africains.

l’absence de nation est un frein pour la construction d’états forts

Au-delà, nous sommes en face d’Etats sans nations.Mais que signifie nation? Dans son sens étymologique elle est relative à la notion de naissance (nascere). À  l’époque médiévale, nation renvoyait à un groupe humain à qui l’on attribue une origine commune. Il faut cependant préciser, que la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le projet d’un “commun vouloir de vie commune” . Or notre problème ici, c’est que la hiérarchie au niveau des modes d’allégeance individuelle n’est pas en premier lieu, l’appartenance au pays. Elle est concurrencée par le critère ethnique, clanique,tribal, voir d’autres formes d’identités, qu’elles soient religieuses, territoriales,ou de castes. Pour nous, Il ne s’agit pas de dire que le pluralisme identitaire est une menace pour un état. D’ailleurs certains états comme le Nigeria ont trouvé de bons compromis, un “gentleman agreement”. Il s’agit surtout de préciser que sa manipulation politique d’une part, comme son exacerbation de l’autre, ont accouché de meurtres de masse  [ la question Hutu-Tutsi, l’ivoirité, musulmans et chrétiens en centre Afrique…] de formes d’organisation politico-sociales, à vocation raciste et ségrégationniste [ l’apartheid en Afrique du sud, le système beidhane en Mauritanie…]. Dès lors, l’approfondissement des constructions nationales est un défi majeur pour les pays africains.pourquoi les États africains n’ont pas de nation? Cette question fera l’objet d’une autre contribution. 

Actuellement la présence française en Afrique  est contestée, notamment sur les plans économiques, militaires. Malgré le soutien des forces armées françaises , les terroristes avancent à grand pas. Ils continuent à dérouler leur projet politique dans cette partie de l’Afrique. Avec les attaques récentes des terroristes au Mali, au Burkina, marquées par un changement dans les cibles, les défis restent colossaux. Armée régionale forte, coordination du renseignement, mais aussi éducation des populations aux problématiques actuelles de sécurité.cela dit, rien ne se fera de manière concrète, sans que les chefs d’états africains ne changent  de paradigme, et acceptent de prendre leur responsabilité, face à leur peuple et face à l’histoire. Ce qui veut dire rompre ces liens fictifs de subordination. Sinon on pourra toujours faire du développement et chanter les louanges de nos partenaires, français, chinois, turcs , allemands et surtout pas africains! 

Moussa Aïdara Diop

Analyste pour Perspectives Afrique Réflexion, analyse, prospective sur les problématiques socio-politiques du continent Africain.

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