la violence dans les prairies politiques sénégalaises: rien de neuf sous les tropiques.

Cécile Sow D-cryptage Editos Parlons Politique! Politique Société

le Sénégal, indépendant depuis les années 60, a connu plusieurs cycles dans sa vie politique. Il a connu le parti unique, le multipartisme limité, puis le multipartisme intégral. Au delà de cette organisation du système politique, le Sénégal est doté d’institutions relativement stables qui constituent autant de garde-fou , qui veilleraient à maintenir une relative paix sociale au sein du pays. Cela dit, la vie politique sénégalaise reste profondément marquée par la violence, qu’elle soit physique, morale ou symbolique. Comment comprendre ce phénomène dont, finalement nous semblons si bien nous accommoder?

Qu’il s’agisse de la période coloniale ou de l’indépendance jusqu’à nos jours, les prairies politiques sénégalaises restent conflictuelles 10. En effet, dans l’âpre lutte vers le pouvoir, agresser verbalement, moralement et même physiquement, rien ne semble exclus. Et cela, du côté des militants, des dirigeants comme des autres acteurs. Par exemple, de 1951 à 1955, la rivalité entre Lamine Gueye et Léopold Sédar Senghor a été si forte, que les militants de la SFIO présentaient Senghor comme un « paysan » (allusion à son origine villageoise). Et Lamine Gueye? « toubab » ou tout simplement un « Blanc, un traître à la solde du colon » . Pire, après l’indépendance, la violence verbale reste incontournable dans le champ politique. Pour preuve? Parlant des insultes le Président Senghor qualifiait Abdoulaye Wade, pendant les élections de 1978, de Ndiomboor (lièvre). Chose anodine? peut être, mais un procédé littéraire qui vise à conférer tout de même, des caractères animaliers à un être humain. Ce qui contribuerait peut être, à lui nier son humanité!

De la violence physique: entre meurtres et coups de marteaux: la politique des nervis

Avons-nous oublier Abdou Ndaffa Faye, Moustapha Lô? oui? Ces noms ne vous évoquent rien?Le 3 février 1967 à Thiès, Abdou Ndaffa Faye assassine de plusieurs coups de couteau Demba Diop, Ministre de la Jeunesse et des Sports, membre de l’UPS . De même,le 22 mars de la même année,Moustapha Lô tente d’assassiner le Président Léopold Sédar Senghor à la grande mosquée de Dakar. Au-delà,la décennie 80 est également marquée par des violences politiques. Par exemple,après les élections présidentielles et législatives de 1988. Avec la victoire d’Abdou Diouf, il y eut des scènes de pillages et d’émeutes dans Dakar: magasins pillés, kiosques et abris bus saccagés, bus de transports endommagés…Dans les années 90, l’histoire retiendra l’assassinat du maître Babacar Seye,président du Conseil Constitutionnel ,en 1993. Mais la décennie 2000 est celle où les violences politiques furent les plus nombreuses. Elle reste dominée par la Présidence de Maître Abdoulaye Wade. Il créa une milice « les calots bleus ». Fait marquant? en octobre 2003, il y eut une tentative d’assassinat à coups de marteaux de l’homme politique Talla Sylla, grand opposant au régime d’Abdoulaye Wade. En 2009 Farba Senghor, ministre sous Wade, ordonna à des nervis le saccage des sièges des quotidiens dakarois « L’AS » et « 24 heures chrono ». En plus, en janvier 2010, des militants de Wade attaquent violemment, le cortège de l’ancien Premier ministre Macky Sall, leader de l’APR – Yaakar. Pire! le responsable de la jeunesse libérale de l’époque Mouhamadou Massaly met le feu à la tribune officielle lors d’un meeting dans la ville de Thiès. Tribune occupée par des responsables et leaders socialistes. En 2012, comme aujourd’hui encore,le monde politique Sénégalais reste caractérisée par des faits de violence. Compterons-nous les victimes civiles des luttes citoyennes et politiques sénégalaises? Combien sont-elles ces victimes collatérales? ces victimes par ricochets de l’orgueil, et la vanité de certains de nos acteurs politiques? Celles qui perdent tout en prison, celles qui perdent leur autonomie, à cause d’une blessure, et celles qui perdent leur vie, leur famille, leur avenir, Tout? Qui fera revenir Balla, Bassirou Faye Mamadou Diop, Fallou Sène et j’en passe! Combien de morts et de vies brisées à cause des rivalités politiques? ou encore des ambitions des uns et des autres?

Dans cette politique marquée au fer rouge par les actes violents, le pouvoir judiciaire n’est pas en reste. Au fond, très souvent dame justice est elle même victime avec consentement? de l’esprit malsain de certains de nos Hommes politiques. La suite plus tard….

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.