Mohamed Ali Ndiaye : J’ai offert 17 ambulances et voitures de pompiers au Sénégal.

Mohamed Ali Ndiaye : J’ai offert 17 ambulances et voitures de pompiers au Sénégal.

Mouhamed Ali Ndiaye, puisque c’est de lui qu’il s’agit n’est plus à présenter. Le champion de boxe qui s’est fait un nom au niveau international est le premier Sénégalais Champion d’Italie. Un sacre que le natif de Pikine a gagné à deux reprises (2004 et 2008). Au-delà de son prestigieux palmarès, champion du monde junior en 2006, champion IBF International en 2007, champion IBF Méditerranée en 2007 et champion de l’Union européenne en 2011-2012, Mouhamed Ali est aussi un champion du social et de l’humanitaire et surtout dans le domaine de la santé. Il a déjà octroyé au peuple sénégalais 17 ambulances et voitures de sapeurs-pompiers. Dans cet entretien qu’il nous a accordé depuis l’Italie, il revient sur sa reconversion dans le social, ses projets pour le Sénégal et ses relations avec les autorités étatiques.

 Entretien:

Bonjour Mouhamed Ali Ndiaye! Certes, vous n’êtes plus à présenter, mais pouvez-vous dire à nos lecteurs qui vous découvrent qui est Mouhamed Ali Ndiaye?

 Je m’appelle Mouhamed Ali Ndiaye premier Sénégalais champion d’Italie. J’ai arrêté la boxe en 2016 après un problème de rétine. Mes médecins m’avaient conseillé de prendre ma retraite. En 2012 on m’avait nommé ambassadeur de bonne volonté de la décennie africaine des handicapés par l’alliance Africaine pour le handicap. C’est pour faire des plaidoiries pour les personnes en situation de handicap. Je suis aussi volontaire à la croise Rouge et aux sapeurs-pompiers en Italie. Avec cette posture j’ai pu bénéficier de beaucoup d’ambulances que j’ai offertes à la ville de Pikine, à Khombal et à la ville de Touba. On dit que le Sénégal fait partie des 25 pays les plus pauvres. Je sais ce que j’ai vécu au Sénégal. C’est pourquoi quand j’ai eu la possibilité de solliciter de l’aide pour aller au chevet de mes concitoyens dans le domaine de la santé, je n’ai pas hésité. Quand j’étais encore actif dans la boxe, je demandais à mes sponsors d’aider les personnes en situation de handicap au Sénégal. Aujourd’hui, je fais jouer mes relations en invitant certaines bonnes volontés à m’accompagner dans ce nouveau combat. On me donne des ambulances qui, selon les normes européennes ne peuvent plus être utilisées ici en Italie. Au Sénégal, elles peuvent encore servir 10 ans au moins. Avec l’aide de Dieu, j’ai pu donner à l’association Touba ca kanam 11 ambulances. Au total, j’ai convoyé 17 ambulances au Sénégal pour aider la population.

Quelles sont les localités du Sénégal que vous voulez venir en aide ?

Alhaamdoulilahi ! Je n’ai ciblé aucune localité. Mais comme on le dit, charité bien ordonnée commence par soi. Serigne Modou Habib Mbacké me disait que ces œuvres pouvaient être faites partout dans le pays, mais le fait de commencer par la ville sainte de Touba est très important. C’est pourquoi j’ai commencé à Touba, ensuite Pikine ma ville natale et puis Khombol le terroir de mes origines. Quand il s’agit de la santé, quand on amène une ambulance dans une ville, elle peut être utile à n’importe quelle personne. Donc c’est un don à l’intention de tout le peuple Sénégalais.

Comme vous l’avez dit, vous avez déjà envoyé 17 ambulance et voitures de pompiers au Sénégal. Est-ce qu’après la boxe vous avez créé une fondation ou une association caritative ?   

Ces actes de bienfaisance sont faits au nom de Mouhamed Ali Ndiaye. Il n y’a aucune association ou fondation derrière. Je le fais en tant que champion de boxe. Et vu que je suis volontaire de la croix rouge et des sapeurs-pompiers, j’utilise ces casquettes qui me facilitent mes démarches. Le fait que je sois connu en Italie et en Europe en tant que sportif me facilite aussi beaucoup de choses. Mon objectif aujourd’hui, c’est d’être reconnu dans l’humanitaire en venant en aide les personnes qui sont dans le besoin. C’est vrai qu’arriver à un certain niveau, c’est bien d’avoir une fondation comme mon homonyme Mouhamed Ali (NDLR: le boxeur américain). J’ai ce rêve mais il faut y aller étape par étape. Nos ambitions pour le Sénégal et à commencer par Serigne Mountakha, nous prions que ça se concrétise.

Vous avez offert des ambulances et des voitures de pompiers à la ville sainte de Touba. Avez-vous des retours venant des autorités religieuses ?

Je rends encore grâce à Dieu. Mon marabout Serigne Modou Habib Mbacké Ibn Serigne Abdoullahi borom deur bi, le Khalif de Darou Rahman ne cesse de prier pour ce que je fais. Je communique souvent avec  Serigne Habibou Lahi Mbacké Fallillou le dieuwrigne de Touba ca kanam et Serigne Tacko Mbacké Fallillou l’ambassadeur de Touba ca kanam. Ils m’ont permis d’aller rencontrer le Khalif Général des mourides avec l’ambassadeur de l’Italie au Sénégal. Je reçois toujours les prières des autorités religieuses. La preuve, j’ai toujours plus de facilité à trouver des dons. Juste après les voitures que j’ai envoyées à Touba, j’ai fait une autre lettre de demande de dons et j’ai eu gain de cause. Serigne Tacko me dit souvent que je suis le meilleur donateur de Touba ca kanam. J’en rends grâce à Allah.

Beaucoup de localités manquent d’ambulances au Sénégal. Pour ce combat que vous menez et qui fait partie des prérogatives de l’État, est ce que vous bénéficiez du  soutien de nos autorités ?

Pas plus tard qu’hier, je disais à un ami que ce qui manque au Sénégal, c’est de reconnaître le mérite de quelqu’un. C’est à l’État de trouver des ambulances et des voitures de pompiers pour la population. Ce que je réussis à trouver pour mon pays, n’y a qu’un État qui en est capable. Mais c’est grâce à mon parcours et mon engagement que les autorités italiennes me font confiance. N’empêche, aucun président ni ministre ne m’a jamais appelé pour me remercier où me féliciter encore moins m’appuyer. Le général Victor Tine des sapeurs-pompiers m’avait adressé une lettre de remerciement quand j’ai amené à Touba des véhicules de sapeurs-pompiers pour la première fois. Au Sénégal, beaucoup de localités n’ont pas d’ambulances. Les femmes perdent la vie sur les routes pour aller accoucher. Si l’État collaborait avec nous, nous aurions la possibilité d’équiper tout le pays en ambulance. On dit que chaque jours 5 femmes perdent la vie au Sénégal en donnant la vie. Pour certaines, c’est dû à un manque de moyens logistiques. Un soutien de l’État nous faciliterait plus à exploiter notre carnet d’adresses.

Vu que vous n’êtes pas soutenus par État, est-ce que vous rencontrez des difficultés pour convoyer ces voitures au Sénégal ?

La procédure peut être simple ou pas. Quand j’ai une ambulance, j’adresse la lettre de donation à l’association Touba ca kanam. Après, ce sont eux qui gèrent le transport jusqu’au port de Dakar. Si le véhicule est destiné à une commune, cette dernière s’occupe également du transport. La seule difficulté, c’est le temps à mettre pour m’occuper de toutes les formalités malgré la famille et le travail à gérer. Je fais le travail d’un ambassadeur. C’est vrai que j’investis beaucoup de mon temps mais je le fais avec plaisir. Je n’y cherche que la reconnaissance divine et la satisfaction des bénéficiaires. Je remercie aussi l’association Touba ca kanam qui me soutient beaucoup. Quand je devais aller à Touba pour témoigner de ce que je fais, l’association m’a acheté le billet d’avion.

Vous dites que vous n’avez pas le soutien des autorités sénégalaises. Si aujourd’hui, vous aviez la possibilité de voir le président de la République quel message lui adresseriez-vous ?

Qu’il ait plus de reconnaissance à l’endroit des Sénégalais qui ont envie de contribuer à la construction du pays à leurs manières. Qu’il respecte plus les Sénégalais de la diaspora. Ils contribuent à l’évolution économique et sociale du pays. Nous sommes ici, mais le Sénégal est dans notre âme. Tous ceux qui sont dans le social méritent d’être soutenus. Beaucoup de Sénégalais comme moi ont des opportunités pour apporter une certaine contribution. Qu’on les facilite juste les choses. Ceux qui investissent dans la santé comme moi,  méritent la reconnaissance de l’État, du Ministère de la santé et du ministère des sports. Ce ne sont pas des choses que nous réclamons pour notre personne, mais un coup de pouce faciliterait nos actions pour qu’on puisse mieux aider les Sénégalais.

Ismaila Seck

 

Ismaila Ba Seck

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