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Autant il veut tout oublier de la campagne de commercialisation de l’année dernière, autant le directeur général de la Sonacos se montre optimiste pour celle qui commence aujourd’hui. Modou Diagne Fada assure avoir les moyens financiers d’acquérir autant de graines d’arachide que le marché pourra lui offrir, malgré le renchérissement du prix d’achat au producteur.

La Sonacos, depuis quelques semaines, se préparait à cet évènement qui est très important dans la vie du paysan et pour l’économie nationale. Tout le monde sait l’apport de l’agriculture, en particulier celui de l’arachide, sur la formation du Produit intérieur brut (Pib) de notre pays. Nous saluons les efforts de l’Etat, avec à sa tête le Président Macky Sall qui a apporté plus de 20 milliards dans les semences, les intrants et le matériel agricole. Ces efforts, combinés avec la bonne pluviométrie assez bien répartie dans l’espace et dans le temps, nous sommes en droit de nous attendre à des productions record. Aujourd’hui, les estimations du ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural indiquent que nous serons autour d’1 million 800 mille tonnes de graines d’arachide. Avec le soutien du Président Macky Sall et du gouvernement, nous allons mobiliser au total 66,7 millions d’euros, (soit plus de 43 milliards de francs Cfa) pour cette présente campagne de la part de l’Itfc, filiale de la Banque islamique de développement. Ce montant ne comptabilise pas l’apport des banques locales qui vont participer au financement de la campagne de commercialisation. Nous avons sollicité 5 banques locales à raison de 5 milliards par banque. Mais là, c’est en cas de besoin. Ce sont des réserves de 25 milliards supplémentaires. L’innovation de cette année, c’est qu’en achetant les graines on commence la transformation pour avoir du cash qui nous permettra de pouvoir continuer à acheter des graines d’arachide. Donc du point de vue technique et financier, nous sommes prêts. Notre ambition est de collecter le maximum de tonnes de graines possible. Nous avons préparé tous nos sites qui permettront de réceptionner ces graines. Les points de collecte sont prêts. On nous a parlé de 600 points de collecte officiels agréés et identifiés.

Nous sommes à l’ère de l’économie de marché et c’est le marché qui doit déterminer le tout. C’est la loi de l’offre et de la demande qui doit gouverner le commerce. Le Cnia est une association qui regroupe tous les acteurs de la filière arachidière (les huiliers, les opérateurs, les organisations paysannes, les exportateurs etc.) Il est de coutume dans notre pays qu’à la veille de chaque campagne, tous les acteurs se regroupent à travers le Conseil d’administration du Cnia pour proposer un prix, tenant compte du prix économique et ce qui se passe dans le monde. Chaque année, le prix économique trouvé était assez bas pour qu’on puisse le retenir comme étant le prix au producteur. Cette année, les calculs ont montré que le prix économique tournait autour de 190, 192 francs. L’Etat a dit qu’il ne s’arrêtera pas à 190 francs et qu’il va proposer 250 francs Cfa. Ce que vous dites est pertinent, c’est-à-dire de laisser le marché déterminer le prix. Mais si on le fait, cela peut être bien pour une année, mais l’année suivante, cela peut être catastrophique pour les paysans. Imaginez une année où la Sonacos dit qu’elle n’achètera pas de graines d’arachide ou achète très peu. Lorsque les étrangers seront seuls sur le marché, ils vont acheter le kg d’arachide à 100 francs. Donc quelque part ce n’est pas très sûr de dire : «Laissons le marché fixer le prix sans régulation !» Donc attention, il faut encourager les étrangers à venir commercer, mais l’Etat doit être à côté pour réguler. L’Etat le fait bien.

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