Relations troubles de Dakar à Bissau, que cache la proximité entre les présidents macky sall et umaro cissoko emballo [ suite ]

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Cheikh Tidjane Diop, jeune mauritanien fondateur de l’association des étudiants panafricains et chercheur indépendant en géopolitique et en géostratégie continue sa réflexion sur les soubassements du rapprochement entre les présidents sénégalais et bissau-guinéen.Explication.

Cependant le Sénégal et la Françafrique manifestent pour cet état en déshérence un intérêt croissant- économique, militaire et commercial. Ils guignent les droits de pêche dans ses eaux très poissonneuses, et le pétrole près de ses îles, où se prolonge le gisement découvert au large de la Casamance. Dans cette province au sud du Sénégal, une guerre de sécession dure depuis 1982. L’armée de Dakar très encadrée par la France, tend à gommer les frontières dans son combat contre les rebelles casamançais : elle entend les poursuivre jusque chez leurs “cousins ” Bissau-guinéens,où ils se replient inévitablement. Enfin, le chapelet de guerre ouest-africaines (Libéria, Sierra Leone, Casamance )de l’époque favorise l’essor d’une série de trafics : armes, drogue, diamants. Ils passent par la Guinée-Bissau et leur contrôle est un enjeu régional.
Bref, tantôt par la pression, tantôt par la séduction, Dakar et Paris se sont efforcés d’arrimer Bissau. Malgré sa situation financière désastreuse, le petit pays a pu entrer en 1997 dans la zone franc. Il a dû concéder au Sénégal des accords léonins sur la pêche. Viera et ELF (devenu Total) 《ont conclus un profitable mariage de raison 》. Et Niño avait promis de fermer son territoire à la rébellion casamançaise.
Presque coupée du reste du Sénégal par la Gambie, la Casamance est peuplée en majorité de Diolas, animistes ou chrétiens, et de Mandingues musulmans. A force de ne pas respecter ses spécificités et de privilégier l’option répressive, Dakar a creusé la revendication indépendantiste. Déclenchée en 1982, l’interminable guerre civile a dégénèré en une “salle guerre”. Elle a fait de plus en plus de morts, les exactions se sont multipliées des deux côtés,. La prolifération des trafics a transformé la province en zone de “haute criminalisation “, contaminant aussi bien les rebelles que les officiels de tous bords.

Rien ne vaut une guerre prolongée pour engager des soldes accrues. Les militaires de base considéraient comme une chance de combattre dans le Sud, où le soutien financier de l’Arabie Saoudite gonflait les rémunérations.
Bien entendu, l’armée française soutenait sans faillir sa filleule sénégalaise, qu’elle montre en exemple. Elle veut d’ailleurs y distinguer un bataillon modèle de 700 hommes pour la force interafricaine de “maintien de la paix “. En Mars 1998, de grandes manœuvres franco-sénégalaises sont organisées, avec l’appoint de contingents mauritanien et malien. Sous le regard intéressé des États-unis.

L’état-major Dakarois décide d’augmenter la pression sur la Guinée-Bissau. Il reproche à l’armée voisine et à son chef , le général Ansumane Mané, de favoriser en sous-main l’approvisionnement en armes des rebelles casamançais. Le 5 janvier 1998, le président Vieira démet le général Mané, puis l’accuse de trafic d’armes. Une commission d’enquête parlementaire confirmera plus tard ce que beaucoup savaient : le coupable n’est pas le général, mais…
A suivre.

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