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Relations troubles de Dakar à Bissau, que cache la proximité entre Macky Sall et Umaro Cissokho Emballo [ suite]

Relations troubles de Dakar à Bissau, que cache la proximité entre Macky Sall et Umaro  Cissokho  Emballo [ suite]

Cheikh Tidjane Diop, jeune mauritanien fondateur de l’association des étudiants panafricains et chercheur indépendant en géopolitique et en géostratégie continue sa réflexion sur les soubassements du rapprochement entre les présidents sénégalais et bissau-guinéen.Explication.

L’état-major Dakarois décide d’augmenter la pression sur la Guinée-Bissau. Il reproche à l’armée voisine et à son chef , le général Ansumane Mané, de favoriser en sous-main l’approvisionnement en armes des rebelles casamançais. Le 5 janvier 1998, le président Vieira démet le général Mané, puis l’accuse de trafic d’armes. Une commission d’enquête parlementaire confirmera plus tard ce que beaucoup savaient : le coupable n’est pas le général, mais bien plutôt le président lui-même et son ministre de la Défense. Mané est ulcéré. Pour « laver son honneur », ce militaire dénué de toute ambition politique entreprend le 8 juin de renverser son accusateur.
Certes, un putsch, ça n’est pas bien. Mais en vertu de quel mandat le Sénégal voisin dépêche t-il illico un millier d’hommes pour combattre les putschistes d’un pays indépendant?


Alors même qu’à Paris la mission parlementaire d’information sur le Rwanda s’interrogeait sur le pourquoi et le comment de l’intervention militaire Noroit, en 1990, c’est par la presse portugaise qu’on apprend une récidive : l’armée et les Services français sont derrière l’intervention de 1500 soldats sénégalais dans la guerre civile Bissau-guinéenne. Paris les convoie et les guide au secours d’un président largement discrédité – mais attentif aux intérêts franco-sénégalais, Elf compris.


Un témoin, Carlos Schwartz, affirme avoir vu les Français débarquer des troupes et du matériel au sud du Sénégal. Vingt militaires Français, amenés par la corvette Drogou, orientent et conseillent le corps expéditionnaire sénégalais. Les rebelles annoncent la capture de sept commandos français « armés jusqu’aux dents », surpris dans la partie supérieure de l’assemblée nationale, avec pour mission apparente de corriger les tirs.
« Un groupe d’une douzaine d’agents secrets, spécialisés en politique africaine, est déposé mardi [30 juin] à Bissau par une des frégates les mieux équipées «La foudre ». Il s’agit d’hommes les mieux formés au monde pour ces type d’opérations. […]


Outre le renfort de « l’intelligence », la Franc a, dans la zone de Bissau, différents type de navires, dont un, aux yeux de tous, aurait lâché un engin de débarquement chargé de munitions et de véhicules en direction des Sénégalais. À Dakar, des navires français auraient déchargé armes et vivre en soutien aux forces sénégalaises »
« Moralité » : la coopération militaire franco-sénégalaise est aussi doter l’allié dakarois d’un statut de puissance régionale. L’armée française n’hésite pas à s’impliquer dans les travaux pratiques : l’occupation d’un pays voisin. Car c’est d’une occupation qu’il s’agit. Sénégalais et Français « découvrent » l’hostilité de la population envers le président Vieira, accusé de « trahison et de corruption » et la grande popularité du Général Mané. Une forte majorité de Bissau-guinéens penche pour les « mutins”, contre les envahisseurs. Des combats acharnés se déroulent dans la capitale, tuant des centaines de civils et chassant la plupart des 250000 habitants. Le contingent sénégalais subit des pertes importantes.

Comme de coutume, la presse française, au lieu de vérifier les dires des confrères étrangers, se contente (au mieux ) de publier les démentis officiels. C’est assez surréaliste : Paris dément être impliqué dans l’intervention du Sénégal en Guinée Bissau, titre le Monde du 30 juin. Le contenu de l’article n’en dit pas d’avantage : le lecteur ne saura jamais qui a accusé la France, de quo précisément, et sur quelle base.
Mi-juillet, le ministre Charles Josselin confirme le démenti. Il accuse le Portugal de « nostalgie coloniale » ! Le quotidien Diario de Noticias ironise, avant d’exprimer tout le respect que ces agissements français inspirent à l’étranger :« Paris niant toujours son appui à l’opération sénégalaise il faut admettre que… »


Rendez au prochain article pour la suite et la fin de cette saga.

Moussa Aïdara diop

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